De retour de Lean Kanban France 2012

Cédric, Yann et moi avons représenté Agile Partner les 18-19 octobre 2012 à la première conférence Lean Kanban France à Paris. Cette conférence était la première étape d’une série d’événements européens sous le patronage de la Lean Kanban University. Elle comptait certains des speakers les plus emblématiques du domaine, tels que David J. Anderson, Don Reinertsen, Jim Benson, Dave Nicolette, Laurent Morisseau… La communauté Kanban est donc particulièrement active et prête à conquérir le monde !

Mais cette conférence était particulière pour nous à plus d’un titre.

La version française du livre Kanban enfin disponible !

D’abord parce qu’elle coïncidait avec la sortie officielle de la version française du livre “KANBAN” de David J. Anderson que nous avons traduit en 2010-2011 puis finalisé avec l’aide d’Alexis Nicolas en 2012. Un grand merci à lui pour sa ténacité qui a permis de faire aboutir ce projet. C’est avec une certaine fierté que toute l’équipe de traduction (Yann Gensollen, Pierre-Antoine Grégoire, Jérémy Rousset, Véronique Olive et Sylvain Chery) voit aujourd’hui se matérialiser le résultat de longs mois d’effort et nous vous encourageons à vous procurer cet ouvrage de référence.

Notre retour d’expérience Dennemeyer : de Scrum à Kanban

Ensuite, nous avons eu l’opportunité de partager un retour d’expérience concernant une équipe avec laquelle nous travaillons depuis plusieurs années chez Dennemeyer. En effet nous avons accompagné cette équipe depuis son adoption de Scrum en 2008 et dans son processus d’amélioration continue qui l’a conduit à adopter un mode de travail plus proche de Kanban aujourd’hui.

(la présentation a été publiée dans un billet précédent)

La préparation de cette session nous a permis de prendre du recul pour analyser et mieux comprendre le chemin parcouru avec cette équipe.

Les participants à notre session, leurs réactions et questions, et ainsi que d’autres discussions au cours de la conférence nous ont montré à quel point cette trajectoire d’évolution était pertinente pour certaines équipes.

Entre théorie et pragmatisme

Bien qu’aucune des sessions n’ait été réellement marquante, on a bénéficié à la fois de rappels théoriques importants pour comprendre les principes Lean/Kanban et de retours d’expérience pragmatiques.
Je dois reconnaître que j’ai du mal à m’approprier les aspects scientifiques, statistiques en particulier, que certains speakers ont mis en avant. Je ne vois pas comment les transposer dans le contexte des projets et clients avec lesquels nous travaillons. Même s’il est bon de garder en tête quelques principes théoriques clés, les sessions pragmatiques et les retours d’expériences ont retenu d’avantage mon attention.
Finalement tout le monde s’accorde sur le fait qu’il ne faut pas être dogmatique mais adapter la démarche et les solutions à son contexte spécifique.

Lean / Agile Management ?

De retour au Luxembourg, je réalise que l’agilité n’était pas affichée comme un thème de la conférence mais qu’elle était présente depuis la keynote d’ouverture de David J. Anderson et tout au long de ces 2 jours. Peut-être la dynamique de la communauté Lean/Kanban est-elle le signe qu’il y a dans ce domaine des concepts, un vocabulaire, une approche qui permettent de retenir plus facilement l’intérêt des managers et des dirigeants d’entreprises pour qui l’agilité, et Scrum en particulier, sont restés trop ésotériques et ont généré plus de crainte que d’enthousiasme.

Notre présentation à la conférence LKFR 2012

Lors de la conférence Lean Kanban France 2012, à Paris les 18-19 octobre, Yann Gensollen et moi avons pu partager un retour d’expérience sur l’évolution d’une équipe de Scrum à Kanban. Voici la présentation utilisée :

NEW! Retrouvez un bilan rapide de la conférence dans ce nouveau billet du 2 novembre.

 

Ce que je retiens de Lean & Kanban 2011 Benelux

Il y a un peu plus d’un mois nous avons participé (Yann et moi) à Lean Kanban 2011 Benelux à Anvers. Cette conférence regroupait plusieurs figures du domaine dont Don Reinertsen, Dave Snowden, David Joyce, Alan Shalloway, David Anderson, Karl Scotland et John Seddon.

Avec un peu de recul il me semble qu’une partie des débats a porté sur l’importance respective du processus et des personnes (process vs. people).

Classiquement pour les processus industriels et opérationnels, les travaux de Deming et le “systems thinking” tendent à mettre l’accent sur le système et ses règles de fonctionnement, et on considère que les personnes n’influencent la performance du système qu’à hauteur de 5 à 7% seulement.

Pour les processus de développement (de logiciel et de produit en général), le facteur humain semble plus important compte tenu du degré d’apprentissage nécessaire pour créer et innover. On est dans le cadre d’un système complexe tel que défini par le framework Cynefin. Les processus et les technologies sont au service des personnes pour leur permettre d’atteindre d’excellents résultats.

Dans notre contexte habituel de projet informatique d’entreprise, il faut certainement adopter une perspective globale du système : le processus métier que l’on tente d’améliorer et le développement de la solution logicielle qui doit contribuer à cette amélioration.

Je pense que cette perspective globale est une condition indispensable pour s’assurer que le projet crée réellement de la valeur pour l’entreprise (“build the right thing”). En effet il n’y a pas de gaspillage plus important que de développer de la fonctionnalité inutile ou qui ne contribue pas à l’efficience du processus métier concerné.

Il faut donc considérer d’une part le processus métier et travailler à son optimisation grâce à une approche systémique. Cela devrait permettre d’identifier les points sur lesquels une solution logicielle sera utile et quelles fonctions (ou “user stories”) sont requises pour cela.

D’autre part, le processus de développement lui-même peut également bénéficier d’une approche Lean / Agile. A ce sujet j’ai particulièrement apprécié la session présentée par Karl Scotland (“The science of Kanban”) qui a résumé une série d’arguments en faveur de Kanban sur les plans :

  1. humain (force de la visualisation, inefficacité du multi-tâches, patterns d’apprentissage)
  2. processus (théories des flux et des files d’attente, boucles de contrôle)
  3. économique (coûts actualisés, coûts de retard, coût / valeur de l’information et de la réduction des risques)

On constate également qu’une approche Kanban va avoir tendance à s’étendre en amont pour prendre en compte les problématiques de gestion d’un portefeuille d’initiatives métier (à faire évoluer d’un portefeuille de projets en un portefeuille de “features” plus petites), et en aval pour prendre en compte les problématiques de déploiement en production et d’exploitation.

Lean d'un point de vue global

Bien sûr bon nombre de sessions ont porté sur la mise en oeuvre de Kanban mais cela fera certainement l’objet d’un autre article…

Le site officiel de la conférence : http://www.agileminds.be/event/2
Les vidéos des sessions sont disponibles ici : http://vimeo.com/agileminds