Ce que je retiens de Lean & Kanban 2011 Benelux

Il y a un peu plus d’un mois nous avons participé (Yann et moi) à Lean Kanban 2011 Benelux à Anvers. Cette conférence regroupait plusieurs figures du domaine dont Don Reinertsen, Dave Snowden, David Joyce, Alan Shalloway, David Anderson, Karl Scotland et John Seddon.

Avec un peu de recul il me semble qu’une partie des débats a porté sur l’importance respective du processus et des personnes (process vs. people).

Classiquement pour les processus industriels et opérationnels, les travaux de Deming et le “systems thinking” tendent à mettre l’accent sur le système et ses règles de fonctionnement, et on considère que les personnes n’influencent la performance du système qu’à hauteur de 5 à 7% seulement.

Pour les processus de développement (de logiciel et de produit en général), le facteur humain semble plus important compte tenu du degré d’apprentissage nécessaire pour créer et innover. On est dans le cadre d’un système complexe tel que défini par le framework Cynefin. Les processus et les technologies sont au service des personnes pour leur permettre d’atteindre d’excellents résultats.

Dans notre contexte habituel de projet informatique d’entreprise, il faut certainement adopter une perspective globale du système : le processus métier que l’on tente d’améliorer et le développement de la solution logicielle qui doit contribuer à cette amélioration.

Je pense que cette perspective globale est une condition indispensable pour s’assurer que le projet crée réellement de la valeur pour l’entreprise (“build the right thing”). En effet il n’y a pas de gaspillage plus important que de développer de la fonctionnalité inutile ou qui ne contribue pas à l’efficience du processus métier concerné.

Il faut donc considérer d’une part le processus métier et travailler à son optimisation grâce à une approche systémique. Cela devrait permettre d’identifier les points sur lesquels une solution logicielle sera utile et quelles fonctions (ou “user stories”) sont requises pour cela.

D’autre part, le processus de développement lui-même peut également bénéficier d’une approche Lean / Agile. A ce sujet j’ai particulièrement apprécié la session présentée par Karl Scotland (“The science of Kanban”) qui a résumé une série d’arguments en faveur de Kanban sur les plans :

  1. humain (force de la visualisation, inefficacité du multi-tâches, patterns d’apprentissage)
  2. processus (théories des flux et des files d’attente, boucles de contrôle)
  3. économique (coûts actualisés, coûts de retard, coût / valeur de l’information et de la réduction des risques)

On constate également qu’une approche Kanban va avoir tendance à s’étendre en amont pour prendre en compte les problématiques de gestion d’un portefeuille d’initiatives métier (à faire évoluer d’un portefeuille de projets en un portefeuille de “features” plus petites), et en aval pour prendre en compte les problématiques de déploiement en production et d’exploitation.

Lean d'un point de vue global

Bien sûr bon nombre de sessions ont porté sur la mise en oeuvre de Kanban mais cela fera certainement l’objet d’un autre article…

Le site officiel de la conférence : http://www.agileminds.be/event/2
Les vidéos des sessions sont disponibles ici : http://vimeo.com/agileminds

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Sylvain Chery

About Sylvain Chery

Sylvain Chery is co-founder and director of Agile Partner. For the past 6 years he has been an agile project manager and trainer in Luxembourg, France and Belgium. He is a Certified ScrumMaster and a Certified Scrum Professional. He speaks regularly in various conferences and events (Devoxx, Agile Tour…) and contributes to the animation of the Agile Interest Group Luxembourg.

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